*
Le voilà donc, le second.
Tordu.
J’ai l’impression qu’il s’en est passé, des choses, depuis le précédent. Déménagement (on quitte Paris pour la Banlieue Verte), arrivée d’un lapin nain à la maison, inscription dans une de ces
horribles salles de sport avec miroirs géants tapissant les murs, sortie de court-métrage, investissements dans tout un tas de projets qui ont fait (ou qui ne vont pas tarder à faire) –
Psiiit ! – toutes ces choses sans lesquelles la vie se résumerait à un combat de pouces permanent… Oui, il y en a eu, du changement… Mais, en faisant un peu gaffe, j’ai
l’impression que Tordu se trouve, là, à sa place, parfaitement en accord avec le grand écart que nous* avons fait entre deux étapes de nos vies – ça me fait bien plaisir.
La rédaction de ces onze textes s’est déroulée en un an, débutée dans un appartement avec vue sur le béton et terminée dans un autre avec vue sur la campagne ; en même temps que la rédaction
de deux romans (l’un, l’Impasse du Quai du bout du monde, s’éternise à mon grand regret (mais les persos sont là, bien caractérisés, l’intrigue est ficelée et les nœuds
dramatiques pile à leur place – y a plus qu’à rédiger) ; l’autre, Métabolisme de la pastèque, est terminé et ne devrait plus tarder à sortir.) Un an qui m’aura incommensurablement plus servi que mes cinq dernières années de scribouillage – un an où j’aurais mieux compris cet étrange métier qui consiste à écrire des histoires. Peut-être parce que
j’ai rencontré ces 12 derniers mois des gens extraordinaires qui m’ont dit « je veux réussir à raconter une belle histoire qui fera du bien à celui qui la lira » « ah ? Et
comment on fait ça ? » « En commençant par le début : par mettre les mains dans le cambouis » (ce qui me changeait de ces emmerdeurs tout de velours vêtus qui bramaient
« je veux écrire un roman qui fera de moi un génie reconnu » « ah ? Et comment on fait ça ? » « Aucune idée, mais je suis né écrivain, je le sens ».
Seigneur… Ô doux seigneur… Donnez-moi une hache… ou un petit tank… ou une petite bombe atomique…)
Bref.
Je ne suis pas là pour balancer…
(Et vous l’avez vu venir, petits malins :)
…après la justification de cette préface numérique et écologique, l’emmerdeur verbeux (vous n’êtes pas au bout de vos peines) veut remercier : ceux que ça concerne se reconnaîtront – les
autres…
Bah…
Merci à toi…
et toi…
et toi aussi…
*
Pas mesquin, je vous livre le programme des 3000 mots suivants :
Je vais d’abord m’étendre un peu sur la nature du spectacle Tordu.
Je parlerai ensuite du magicien et de ses trucs.
Je conclurai par quelques mots sur la jolie fille assise à côté de vous.
Prêts ?
(À suivre...)